En explorant la Terre sous toutes les coutures à travers le logiciel Google Earth

En explorant la Terre sous toutes les coutures à travers le logiciel Google Earth, les internautes tombent souvent sur des formes étonnantes, au point, parfois, d’alerter les archéologues, quand ce ne sont pas les ufologues. En octobre 2016, une collection de ces images avait été rassemblée, des lèvres géantes à des très anciens géoglyphes.

En ce début de XXIe siècle, il est devenu facile d’explorer la Terre dans ses moindres recoins tout en restant chez soi, bien au chaud, avec dans une main une tasse de café ou de thé et dans l’autre, la souris ou le trackpad sur lequel les doigts glissent pour zoomer ou dézoomer dans Google Earth.

Ainsi, la Terre entière est-elle dévisagée chaque jour par des dizaines de milliers – si ce n’est pas par des millions – d’internautes très curieux, avides de connaître un milieu, un paysage, une ville, un environnement, de l’explorer en trois dimensions puis d’en découvrir encore de nouveaux… Google Earth a aussi de nombreuses applications professionnelles. Pour le tourisme souvent mais aussi pour des scientifiques, comme par exemple les archéologues, lesquels traquent — et ils sont de plus en plus nombreux à le faire — des sites remarquables demeurés cachés.

Apparu en 2005 après le rachat de la société Keyhole qui avait développé Earth Viewer, son ancêtre, le logiciel assemble des milliers de vues prises par des satellites géostationnaires, par des satellites en orbite basse, offrant une résolution plus élevée, par des avions, des ballons et aussi par des drones.

Au hasard des pérégrinations dans Google Earth, il n’est pas rare que des internautes épinglent des lieux avec des caractéristiques insolites, étonnantes, étranges et parfois inexpliquées. Voici quelques-uns d’entre eux.

Des géoglyphes au Kazakhstan

Les géoglyphes ci-dessous, de formes et de tailles variables (de 90 à 400 mètres), situés au nord du Kazakhstan, ont été découverts grâce à Google Earth. À l’instar des fameuses lignes de Nazca qui emploient une technique similaire de construction (des monticules de terre), ces figures ne sont pas visibles du sol. Sur place, on n’y prête pas attention, tandis que vu du ciel ou de l’espace, on distingue des symboles, dont certains font penser à la swastika. L’ensemble, qui devait faire l’objet de rituels, est daté d’environ deux millénaires.

Géoglyphes situés au nord du Kazakhstan découverts grâce à Google Earth. © Google Earth

Des géoglyphes en forme de roue en Jordanie

Ces géoglyphes pourraient être les plus anciens sur Terre. Repérés dans la région de l’oasis Azraq, en Jordanie, ils dateraient d’environ 8.500 ans. En les observant, on songe à des roues, notamment par leur aspect circulaire et les rayons dirigés vers le centre. Mais leurs formes, interne et externe, varient, avec un ou plusieurs traits. Leur orientation sud-est – nord-ouest suggère un lien avec le solstice d’hiver.

Ces géoglyphes, en Jordanie, sont-ils les plus anciens ? © Google Earth

Pyramides ou collines ?

Beaucoup d’internautes passent au peigne fin la Terre entière à travers les images rassemblées dans Google Earth. Parmi eux, des archéologues amateurs ou professionnels, et aussi d’insatiables chercheurs d’anomalies. Leur terrain de chasse favori ? L’Égypte, bien sûr, mais certains ont la fâcheuse tendance à voir des pyramides un peu partout. Alors cette fois, s’agit-il d’une pyramide encore ensevelie ou d’une colline naturelle ? Les scientifiques en débattent encore, à défaut de pouvoir se rendre sur place — en raison de l’instabilité politique de la région —, pour mener une étude sur le terrain.

Cette image, prise au-dessus de l'Égypte, cache-t-elle une pyramide encore ensevelie ou une colline naturelle ? © Google Earth

Un immense pentagramme vu du ciel

Ce pentagramme, de 366 mètres de diamètre, visible dans Google Earth dans un coin reculé au nord du Kazakhstan, en Asie centrale, est réel. Ces coordonnées sont 52°28’46.506″, 62°11’7.0002″. Et non, ce symbole n’est pas l’œuvre du diable ou de ses adeptes, comme le prétendent des commentateurs. Il s’agit d’un parc situé au bord du réservoir Tobol, aménagé en forme d’étoiles. Vu du ciel, les arbres qui y ont poussé le long des lignes accentuent le dessin.

Ce pentagramme visible dans Google Earth est bien réel. Il se trouve au nord du Kazakhstan, en Asie centrale. © Google Earth

Une spirale dans le désert

Cette structure en forme de spirale étendue sur quelque 100.000 m3 à l’est du Sahara en Égypte, non loin de la mer Rouge, n’est pas l’œuvre d’extraterrestres mais de plusieurs artistes du courant Land Art. Desert Breath, c’est son nom, est un projet initié en 1997 par Danae Stratou, Alexandra Stratou et Stella Constantinides.

Le dessin comprend un bras spiral de monticules côniques et un autre, de dimensions similaires mais en creux. Plus de 8.000 m3 de sable ont été déplacés. Le centre, empli d’eau, mesure 30 mètres de diamètre. Le site a été choisi pour sa position entre le désert et la mer.

Structure en forme de spirale, en Égypte, créée par des artistes. © Google Earth

Des taches claires éparpillées

Mais que sont ces dizaines de taches claires éparpillées à proximité du cônevolcanique Cinder, au nord-est de la Californie ? Ce pourrait être un ensemble de monticules créés par des habitants zélés de la région : les fourmis rouges moissonneuses (Pogonomyrmex barbatus), connues pour des constructions mesurant jusqu’à 1,2 mètre, selon Amelia Carolina Sparavigna, qui a l’habitude de traiter les images satellites. Il ne reste plus qu’à aller sur place pour vérifier son hypothèse.

Taches claires éparpillées à proximité du cône volcanique Cinder, en Californie. © Google Earth

Les plus grandes lettres du monde

Peut-être avez-vous déjà écrit votre nom dans le sable sur une plage. Eh bien certains voient plus grand, beaucoup plus grand même et pour cela ne lésinent pas sur les moyens qu’ils ont à leur disposition.

C’est le cas du milliardaire Hamad ben Hamdan al Nahyan, membre de la famille royale d’Abu Dhabi, qui a fait écrire son nom sur l’île Al Futaisi, vaste banc de sable au bord du Golfe persique. Les lettres, peut-être les plus grandes sur Terre, s’emplissent d’eau au gré des marées.

Le milliardaire Hamad ben Hamdan al Nahyan, membre de la famille royale d’Abu Dhabi, a fait écrire son nom sur un vaste banc de sable au bord du golfe Persique. © Google Earth

Deux symboles circulaires dans le Nevada

C’est dans le désert du Nevada, juste à côté de la Mesa Huerfanita, que ces deux mystérieux symboles (deux cercles qui s’entrecroisent avec un losange au centre de chacun) sont visibles.

La route en zigzag qui les rejoint est reliée à une piste d’atterrissage longue d’environ 1,6 km. Sur Google Map, on apprend que le site nommé Trementina Base est la propriété de l’église de scientologie. Il est probable qu’un bunker soit enfoui sous ces deux formes dont on ignore la signification.

Deux curieux symboles dans le désert du Nevada. © Google Earth

Une étrange structure dans le désert de Gobi

Mais quelle est donc cette étrange structure rectangulaire composée de lignes blanches zigzaguantes, peintes sur le sol qui ? Repérée en 2011 sur les images de Google Earth du désert de Gobi en Chine, elles firent l’objet, on s’en doute, de multiples interprétations.

Si l’on exclut les plus farfelues (messages à l’attention d’extraterrestres, plan de villes américaines,…), peut-être qu’il s’agit de l’œuvre d’un artiste du Land Art ? Pas vraiment, estiment des spécialistes qui se sont penchés sur la question. L’ensemble long de 1,8 km pour une largeur de 1 km sert probablement pour la calibration de satellites espions chinois.

Étrange structure rectangulaire composée de lignes blanches, dans le désert de Gobi, en Chine. © Google Earth

Des lèvres sensuelles dans le désert

Ici, aussi on pourrait croire au travail d’un artiste. C’est sur la peau d’une région aride tristement connue pour ses conflits meurtriers et les grandes sécheresses qui y sévissent, que sont peintes ces lèvres.

Le Darfour au Soudan, plus précisément dans le sud, non loin de la frontière avec le Tchad. Peintes ? Pas exactement. C’est là l’œuvre de la nature : une colline rosée parsemée de quelques végétaux, plus nombreux sur la lèvre supérieure et ses contours. Cela teinte ce paysage à la périphérie d’un pays divisé d’un peu de poésie et de volupté.

Une colline rosée parsemée de quelques végétaux, au Soudan. © Google Earth
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