La future station spatiale chinoise deviendra réalité en 2022

Malgré une politique occidentale très restrictive, la Chine est parvenue à maîtriser toutes les technologies et le savoir-faire nécessaire pour échafauder une station spatiale. Avec des essais réussis de transfert de fret et d’avitaillement réalisés par Tianzhou, le pays est fin prêt pour débuter la construction de son complexe orbital. Le premier module sera lancé en 2019.

  • La future station spatiale chinoise deviendra réalité en 2022. Sa construction débutera en 2019.
  • La Chine maîtrise désormais toutes les phases du rendez-vous orbital en mode automatique et les activités connexes (pilotage, ravitaillement, avitaillement…).
  • Tianzhou est un cargo spatial dérivé du Tiangong. Il transporte deux fois plus de fret que le russe Progress.

La Chine va pouvoir s’installer en orbite basse de façon durable pour y vivre et travailler. Il y a quelques jours, le véhicule de transport de fret a réussi une série d’essais, dont le ravitaillement et l’avitaillement du laboratoire Tiangong-2. Dans ce contexte d’une maîtrise croissante des technologies rendant possible un séjour de longue durée dans l’espace, le pays a officiellement annoncé qu’elle débutera la construction de sa station spatiale en 2019 (initialement 2018). À la différence des modules Tiangong 1 & 2, deux laboratoires automatiques adaptés à des séjours humains de courte durée, cette future station spatiale a pour vocation d’être occupée en permanence dès 2022.

La première partie du vol d’essai du véhicule Tianzhou s’est donc parfaitement déroulée. Les tests d’amarrage se sont bien passés ainsi que le ravitaillement et l’avitaillement du module Tiangong 2. Pilotés depuis le sol, ils ont pris 5 jours. D’autres essais, notamment des séquences de désamarrage/amarrage et de vol à proximité du module sont prévus d’ici la fin de sa mission. Ils sont considérés aussi comme les premiers pas chinois dans le « servicing orbital ».

Avec cette mission et malgré une politique occidentale très restrictive en matière de transferts de technologie, la Chine est donc parvenue à les maîtriser et à acquérir le savoir-faire pour construire une station spatiale. Elle confirme son rang de troisième puissance spatiale bien que les technologies spatiales chinoises n’aient pas encore atteint le niveau de développement et les standards occidentaux. Elle est aussi, avec la Russie et les États-Unis (dans une moindre mesure, depuis l’arrêt des vols de la navette spatiale en 2011), un des trois pays capables de faire vivre et travailler des Hommes dans l’espace.

La Chine a aujourd'hui les capacités pour débuter la construction de sa station spatiale. À l'image, deux astronautes de l'ISS lors d'une sortie dans l'espace. © Nasa

Retour sur les grandes étapes des vols habités chinois

Depuis 1956, date du début de ses activités spatiales, la Chine est donc devenue la troisième puissance spatiale au monde. Derrière les États-Unis, faisant jeu égal avec la Russie et devant l’Agence spatiale européenne (ESA) dans le domaine des vols habités. Le début de cette activité s’est matérialisé en 1960 avec le lancement d’un premier missile dénommé Dong Fang-1, une copie du soviétique R-2 et de la fusée-sonde T-7M, à usage scientifique.

Elle devient une puissance spatiale en 1970, avec le succès du tir du lanceur à trois étages CZ-1 et la mise en orbite de son premier satellite (Dongfang hong). En 2003, elle devient la troisième nation au monde capable d’envoyer un astronaute dans l’espace. Les années suivantes, le programme des vols habités accélère : première sortie dans l’espace d’un taïkonaute en septembre 2008, première femme chinoise en orbite en juin 2012 (Shenzhou-9) et, en 2011, lancement de son premier module orbital, Tiangong-1. Ce dernier est un laboratoire orbital adapté à de courts séjours habités et préfigurant les futurs modules de la station spatiale dont la construction débutera en 2019. En novembre 2011, Shenzou-8 s’y amarre. C’est alors une manœuvre inédite pour les Chinois.

En parallèle, la Chine modernise sa flotte de lanceurs et s’en dote de nouveaux plus puissants, tel que le CZ-7 utilisé pour lancer le véhicule Tianzhou. C’est une nécessité pour déployer en orbite son infrastructure spatiale, dont les modules de sa future station ainsi que tout le nécessaire pour y vivre et travailler, puis débuter son expansion dans le système Terre-Lune.

Note

L’absence de communication claire du gouvernement chinois rend difficile un état des lieux précis des capacités spatiales chinoises. Cela dit, une revue en détail de ses activités spatiales laisse à penser que la Chine est bien plus avancée, notamment dans le domaine militaire, qu’elle veut bien le laisser paraître.

Lancement de Tianzhou, le cargo qui ravitaillera la future station spatiale chinoise

Article de Rémy Decourt publié le 19 avril 2017

À un an du début de la construction de sa station spatiale, la Chine s’apprête à tester le cargo Tianzhou. Ce véhicule sera utilisé pour ravitailler et rehausser l’orbite de la station. Il pourrait avoir d’autres fonctionnalités, dont certaines inédites. À suivre donc. Pour le pays, c’est aussi une étape importante de son programme des vols habités, qui vient combler son retard par rapport aux autres puissances spatiales partenaires du programme de la Station spatiale internationale.

La Chine s’apprête à tester en orbite son premier cargo spatial. Baptisé Tianzhou, ce qui signifie vaisseau céleste, il sera lancé à bord d’une Longue Marche-7 à destination du module orbital Tiangong-2. Le décollage du lanceur depuis le Centre de lancement de Wenchang est programmé le plus tôt possible, entre jeudi et lundi prochain. L’amarrage est prévu seulement deux jours après le décollage. Débutera alors une mission de cinq mois visant à démontrer toutes ses fonctionnalités.

Ce cargo est aussi le véhicule spatial le plus lourd jamais construit par la Chine. D’une masse, au lancement, de plus de 13 tonnes, il est capable de transporter jusqu’à 6.500 tonnes de charges utiles. Tianzhou est conçu pour ravitailler la future station spatiale chinoise dont la construction doit débuter l’année prochaine et s’achever en 2022. Il est dimensionné pour approvisionner un équipage de trois taïkonautes en mission à bord de la future station pendant six mois.

À la différence de la capsule Dragon de SpaceX, du Cygnus d’Orbital ATK et de l’HTV japonais, Tianzhou n’aura pas besoin de bras robotique pour s’amarrer au module orbital. Il le fera à la manière du Progress russe, c’est-à-dire de façon automatique, mais sans l’autonomie de décision qu’avait l’ATV européen lorsqu’il était en service pour ravitailler ISS de mars 2008 à février 2015.

Le transfert du lanceur Longue Marche 7, avec à son bord le cargo Tianzhou-1, sur son pas de tir, en timelapse. © CGTN (anciennement CCTV-9)

Des fonctions inédites ?

Enfin, ce transporteur de fret chinois pourrait bien se différencier des autres cargos spatiaux en service. En effet, comme le suggère Philippe Coué, spécialiste français du programme spatial chinois et auteur de Shenzhou : les Chinois dans l’espace (éditions L’Esprit du Temps), ce véhicule pourrait servir à d’autres usages comme module d’habitation et de travail, voire comme un abri de secours pour un équipage en cas de danger. Une potentialité unique dans l’astronautique habitée car aucun cargo en service aujourd’hui ne peut assurer cette fonction. Il peut être aussi vu comme les premiers pas de la Chine dans le domaine prometteur de la technologie du servicing en orbite.


La Chine va tester le cargo de ravitaillement Tianzhou-1

Article de Rémy Decourt publié le 9 mars 2017

À un an du début de la construction de sa station spatiale, la Chine s’apprête à tester le module Tianzhou, le véhicule qui sera utilisé pour la ravitailler et rehausser son orbite. Une étape importante de son programme des vols habités, qui vient combler le retard par rapport à l’Europe et aux États-Unis.

La construction de la future station spatiale chinoise peut débuter. Le dernier véhicule qui lui manquait – un véhicule de transport de fret – sera testé en avril. Tianzhou-1, c’est son nom, « sera envoyé dans l’espace depuis le Centre de lancement de Wenchang par un lanceur Longue Marche-7 (CZ-7) », a indiqué un porte-parole du programme spatial habité de la Chine.

Ce nouveau véhicule réalisera une mission de cinq mois, dont deux amarré au module orbital Tiangong-2, au cours de laquelle seront testées la plupart de ses fonctions. En effet, il n’est pas seulement conçu pour transporter du fret et les fluides de ravitaillement (oxygène, propergols) à destination de la future station spatiale chinoise. Il sera également utilisé pour rehausser son orbite.

De ce fait, même si Tianzhou a la même architecture que Tiangong, il en diffère notablement. Ce véhicule doit être aussi un « pousseur-remorqueur », comme les Progress russes et les ATVeuropéens. Il doit aussi porter 5 tonnes de fret en plus. Alors que Tiangong-2 pèse 8,5 tonnes, Tianzhou atteint donc 13,5 tonnes, ce qui est la capacité annoncée pour l’orbite basse du nouveau lanceur CZ-7.

Vue d'artiste du véhicule Tianzhou amarré au module orbital Tiangong-2. Attention, il n'est pas certain que ces représentations respectent fidèlement les proportions réelles des engins. © CMSE

Un véhicule spatial multifonctions

Lors de son vol libre, le véhicule effectuera des manœuvres à proximité de Tiangong-2, dont des manœuvres fictives d’évitement de débris spatiaux ainsi que des corrections de trajectoires. Pendant son amarrage à Tiangong-2, il testera les procédures de ravitaillement et, d’après les médias chinois, il est prévu l’essai d’une procédure automatisée de rendez-vous et d’amarrage rapide de 6 heures. Capable d’exécuter des manœuvres de transfert orbital et de rendez-vous automatique, mais pas autonome, ce véhicule peut être aussi vu comme les premiers pas de la Chine dans le domaine prometteur de la technologie du servicing en orbite, même si Tianzhou se contente de simples fonctions de ravitaillement.

Une fois la mission terminée, Tianzhou-1 sera déorbité. Il brûlera dans l’atmosphère, de la même manière que les autres véhicules qui ravitaillent la Station spatiale interntionale, à l’exception de la capsule Dragon de SpaceX qui est récupérée.

Source : 17

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