L’arrêté de protection du Mont-Blanc en quatre questions

L’arrêté vient d’être signé par le préfet de Haute-Savoie. Il réglemente la fréquentation du site et les activités qui peuvent y être pratiquées.

Le 1er octobre dernier, la secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Transition écologique, Bérangère Abba, était en Haute-Savoie et a assisté à la préfecture à la signature de l’arrêté de protection des habitats naturels (APHN) qui réglemente la fréquentation du site du Mont-Blanc et les activités qui peuvent y être pratiquées.

Pourquoi un tel arrêté ?

« Le site du Mont-Blanc est menacé par des pressions croissantes liées à la sur-fréquentation et à une recrudescence de comportements inadaptés et d’incivilités », explique la préfecture.

De fait, le Mont-Blanc, qui culmine à 4.810 mètres, attire chaque année entre 15.000 et 20.000 prétendants à son ascension et jusqu’à 500 par jour durant l’été. Ces dernières années, des pseudo-alpinistes en perdition, un abri d’altitude transformé en quasi-refuge par des agences peu scrupuleuses, des rameurs, jacuzzi et autres objets incongrus montés sur les flancs du géant avaient provoqué la colère des élus, des guides et des gestionnaires.

En février dernier, le président de la République en visite dans la région , avait promis un outil de préservation du Mont-Blanc, et c’est l’arrêté de protection des habitats naturels (APHN) qui a été retenu pour « limiter les atteintes à l’environnement et à l’esprit du site […] et de préserver les pratiques de l’alpinisme », souligne la préfecture.

Qu’est-ce qu’un l’arrêté de protection des habitats naturels ?

Un nouvel outil mis en place en décembre 2018 permet aux préfets de prendre des arrêtés de protection des habitats naturels (APHN) en tant que tels. C’est-à-dire sans que ces espaces abritent nécessairement des espèces protégées. Ces arrêtés permettent « d’assurer une protection efficace de certains milieux rares qui jusqu’à présent ne bénéficiaient pas d’un outil législatif adapté » explique la préfecture. Le premier APHN a été signé le ​12 mars 2020 dans le département du Nord.

Que prévoit-Il ?

Sur l’ensemble du site, l’arrêté interdit d’apporter tout type de véhiculer, d’atterrir par tout moyen sauf exceptions telles que le ravitaillement des refuges ou la réalisation de travaux, de laisser pénétrer des animaux domestiques, de bivouaquer, de cheminer le long de la voie du tramway du Mont-Blanc , d’organiser des manifestations « quelle qu’en soit la nature (sportives, festives, culturelles…) », de poser des drapeaux ou d’édifier des structures ou artifices.

Quel est son périmètre de protection ?

Le périmètre de protection, d’une superficie de 3.175 hectares, se situe sur les communes de Chamonix-Mont-Blanc, Saint-Gervais et les Houches. Il est constitué d’une partie centrale (80 % de sa surface, moyenne et haute altitude) et de deux « zones de transition » (moyenne altitude et points de départ des voies d’accès au sommet).

« Ce périmètre a pour objectif d’intégrer l’intégralité des parcours classiques d’ascension du Mont-Blanc — par Tête-Rousse, les Grands Mulets, les Trois Monts — à partir des principaux points d’accès. […] Il intègre les zones libérées depuis 1850 par les glaciers », précise la préfecture.

Florence Renard LES ECHOS

OSIRIS-REx et Hera : mieux connaître les astéroïdes pour mieux défendre la Terre


Artist's impression of asteroids passing Earth

Les astéroïdes sont des corps célestes composés de roches et de métaux. Ils sont de taille variable, de quelques centimètres à plusieurs kilomètres de diamètre. Parmi eux, les astéroïdes géocroiseurs, ceux dont la trajectoire croise l’orbite de notre planète, sont potentiellement dangereux pour la vie sur Terre ; ils sont à ce jour le seul risque naturel que l’on peut prédire et contre lequel on pourrait faire quelque chose.

Et pour lutter contre le risque posé par les astéroïdes, il est impératif à la fois de les repérer suffisamment à l’avance, et de mieux les connaître – ces trois axes de travail sont intégrés au Programme de sécurité spatiale de l’ESA.

Source : E.S.A

Le sommet du Mont-Blanc est-il en France ou en Italie ?

Le Mont-Blanc de Courmayeur, France ou Italie ?

Arnaud P

Français et Italiens ne sont toujours pas d’accord sur le tracé de leur frontière commune autour du Mont-Blanc. Géographes et historiens ont leur mot à dire. Le sujet est toujours d’actualité.

On évoque régulièrement certaines frontières de montagne, dont les tracés incertains entretiennent certaines confrontations. C’est notamment le cas aux confins de la Chine et de l’Inde ou encore du Népal et de l’Inde. Mais sans aller jusqu’en Himalaya, il existe un cas bien plus près de chez nous. Entre France et Italie, au cœur des Alpes. « En 2020, on est d’accord partout sauf au Mont-Blanc » explique le Conseil National de l’Information Géographique. Si la tendance n’est pas à en arriver aux mains (comme en Himalaya ou au Cachemire), les échanges diplomatiques sont réguliers sur le sujet.

20 hectares ni tout à fait en France ni tout à fait en Italie…

Il existe une zone de quelques hectares, une vingtaine tout au plus, qui alimente la discussion depuis longtemps. Ce petit territoire passe par le sommet du Mont-Blanc et bascule sur le versant Sud, Sud-Est. Il est notamment délimité par le Col Major et le Mont-Blanc de Courmayeur. Les cartes de l’Institut Géographique National sont claires : cette zone est française. Les cartes italiennes sont également sans appel, cette zone est italienne et située sur la commune de Courmayeur. La grosse différence, c’est que dans un cas le sommet du Mont-Blanc se situe à la frontière entre France et Italie. Dans l’autre cas, il est situé à 100% en France. Cette différence d’interprétation repose sur l’histoire. Le tracé français s’inspire du traité de Paris de 1796. En offrant la Savoie à la France, le Royaume Sarde avait alors accepté que la frontière passe par les « points les plus avancés du Piémont ». Les Italiens se basent sur le Traité de Turin (1860) qui positionne le sommet à la frontière.

SCIENCES

par Arnaud

Un nouvel épisode en 2019-2020

Durant l’été 2019, les communes de Chamonix et Saint Gervais avaient pris des arrêtés pour interdire l’atterrissage des parapentes au sommet du Mont-Blanc et 600 mètres autour. En partie sur un territoire qui pour les Italiens appartient à la commune de Courmayeur. Un député italien avait alors remis le sujet de la frontière sur le tapis en adressant la question à l’exécutif italien. Près d’un an plus tard, les autorités de Rome affirment avoir, via leur ambassade à Paris, rappelé leur position sur le sujet. La France et l’Italie se sont dites prêtes à en rediscuter dans les meilleurs délais (lien en italien). Bref, ce nouvel épisode ne changera rien et cette frontière restera en l’état !

Passionné par l’univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d’Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l’a pas empêché de s’installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !Voir tous les articles de Arnaud P →